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9 febbraio 2010
copertina
La questione irachena

Collana: Serie Bianca
Pagine: 270
Prezzo: Euro 15
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In breve
Questo libro offre le chiavi di lettura storiche e politiche per comprendere l’origine dei conflitti attuali riguardanti l’Iraq.
Il libro
L’antica Mesopotamia aveva tutti gli elementi per diventare un paese ricco e moderno: acqua e petrolio in abbondanza. Ciononostante, l’Iraq si trova ad affrontare una serie di tragedie incredibili da ormai vent’anni. Prima ancora dell’occupazione del Kuwait e dello scoppio della guerra del Golfo, Iraq e Iran avevano combattuto un conflitto terribile durato otto anni, con milioni di morti, che aveva portato entrambi i paesi sull’orlo del tracollo economico.
Saddam Hussein è il solo responsabile di tutto questo? A forza di criminalizzarlo, si rischia di perdere di vista che lo status quo iracheno è il prodotto di un sistema politico prefigurato fin dal 1920 con il concorso di tutta la comunità internazionale.
L’irresistibile ascesa di Hussein ha avuto origine nel 1968, ma si è imposto come il padrone assoluto dell’Iraq solo all’indomani del trionfo della Rivoluzione islamica in Iran.
Come è riuscito a conquistare il potere? Come ha potuto mantenere un regime che si appoggerebbe su un solo clan? E, soprattutto, perché l’Iraq è diventato uno "stato canaglia" agli occhi degli stati occidentali?
Approfondimento
La recensione di "Liberation"

Irak, les clefs d'un désastre
di Jean-Pierre Perrin, "Liberation", 5 dicembre 2002

L'ombre théâtrale de Saddam Hussein portée sur la scène irakienne fait que l'on s'intéresse davantage à la gesticulation de l'acteur au détriment de ce qui se passe dans son pays, réduit à de simples coulisses. On scrute les moindres faits et gestes du zaïm, on analyse chacun de ses mots, on étudie même ses silences. Mais l'ancienne Mésopotamie, contrée en abîme, accaparée par des tragédies à répétition, retient assez peu l'attention. C'est sur le chef que sont braqués tous les regards, l'isolant du théâtre où il s'affiche, ce pays qu'il a conquis, puis soumis et sur lequel il règne depuis plus de trente ans. Parce que Saddam Hussein en est le maître absolu, parce qu'il a été campé par une large partie du monde occidental en créature diabolique au service de "l'axe du mal" cher à George W. Bush, on a perdu de vue son environnement. C'est-à-dire une terre et une société, une identité complexe et morcelée faite de "contradictions insolubles", une histoire enfin, dont il est le pur produit. Pour Pierre-Jean Luizard, chercheur au CNRS et spécialiste de longue date de l'Irak, ce pays est d'abord victime d'un "système politique injuste" mis en place en 1920 par la communauté internationale, au nom des droits des peuples à disposer d'eux-mêmes et dont l'actuel régime est "l'ultime avatar cauchemardesque".
Remontons le temps : au début des années 20, la Grande-Bretagne, puissance mandataire, veut faire de l'Irak, constitué à partir de trois vilayets (provinces) excentrés de l'Empire ottoman - Bagdad au centre, Mossoul au nord et Bassorah au sud - un Etat arabe "moderne", selon les critères européens. Avec un roi et un Parlement. L'intention aurait été louable si cet Etat n'avait été construit contre la société, en particulier contre la communauté chiite. C'est la première erreur originelle : jouer la carte du nationalisme arabe, alors que celui-ci est à ce moment-là peu répandu en s'appuyant sur les grandes familles sunnites, élites du défunt Empire ottoman qui accueillirent volontiers les Britanniques comme leurs nouveaux protecteurs. Aussitôt, elles firent de l'Irak leur propriété. A l'inverse, les chiites qui, au contraire, refusaient tout lien avec la puissance mandataire, se retrouvèrent marginalisés. Cette discrimination confessionnelle débouchera sur les situations les plus aberrantes.
Ainsi, un Arabe non irakien, du fait qu'il est sunnite, se retrouve avec davantage de droits qu'un Arabe chiite installé en Irak depuis des générations. "J'ai visité la plupart des pays arabes ainsi que d'autres pays dans le monde, mais je n'ai trouvé nulle part un tel scandale, à savoir que des citoyens puissent devenir des étrangers dans leur propre pays", écrit à cette époque Mohammed al-Jawahiri, sans doute le plus grand poète irakien du XXe siècle, chassé de son poste d'enseignant au profit d'un sunnite syrien, né au Yémen. Dès cette époque, commence une confrontation entre ces deux communautés. Elle se poursuit aujourd'hui, avec d'autant plus de force que les chiites ont été durement réprimés et que les sunnites sont ultra-minoritaires. S'ajoute le problème kurde, "second terme de la question irakienne" et seconde grave erreur du colonisateur. Privé d'Etat malgré le traité de Sèvres, en 1920, qui promettait un "Kurdistan indépendant", les Kurdes se retrouvent intégrés à un Etat qui se définit officiellement comme arabe. Là encore, le face-à-face entre Kurdes et arabes sunnites se prolonge aujourd'hui.
Un temps, le parti Baas sera un facteur d'unification. Les chiites l'ont même rejoint massivement. Mais le Baas qui, derrière Saddam Hussein, s'empare du pouvoir en 1968, s'est à nouveau confessionnalisé au profit des sunnites. A partir de 1970, on ne trouvera plus aucun chiite à la direction du parti, et son fondateur historique, le chiite Fouad al-Rikabi, sera exécuté sur ordre du raïs. Ce que le nouveau régime porte au pouvoir, c'est d'abord la petite bourgeoisie sunnite alliée à l'armée. Mais plus le temps passe, plus s'installe "la politique du vide" et plus la nature du régime s'ossifie jusqu'à se confondre avec un simple clan, celui de Saddam : "Peu à peu, sa véritable base ne sera plus le Baas ni l'armée, mais les Takriti."
L'ancienne Mésopotamie avait pourtant tous les atouts pour prendre la tête du monde arabe : les secondes réserves mondiales de pétrole, de l'eau en abondance, des intellectuels, une bourgeoisie, une armée bien formée et une démographie relativement équilibrée. D'un bout à l'autre, le livre dresse le répertoire du désastre et en fournit les clefs. Certains chapitres - la politique irakienne de l'Irak ou la politique américaine... - sont remarquables. D'autres ont été écrits un peu vite, peut-être sous la pression d'un éditeur impatient. On retiendra ce constat : "La communauté internationale, en refusant d'aider à une remise à plat du système injuste qu'elle avait elle-même créé, court le risque de voir l'Irak se transformer en zone de crise permanente et violente de plus en plus difficile à contrôler. La régression inimaginable de la société irakienne apparaît maintenant comme le trait majeur d'un pays qui se défait et qui est menacé d'implosion".

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 Recensioni
  Intervista a Pierre-Jean Luizard su La questione irachena

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- Reinhard Schulze
- Giulietto Chiesa
- Ahmed Rashid
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